« Laurent Boyer, Francis Cabrel et moi »
une histoire électronique de ma vie.

28/05/1999
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Préambule
Depuis quelques jours, mes amis les mini-Babybels et moi sommes l’objet de rumeurs infondées. Je me vois donc dans l’obligation de m’exprimer sur certaines calomnies :
1. C’est un scandale d’avoir rien d’autre à foutre au boulot que d’écrire son autobiographie et de résoudre le jeu d’Einstein en une demi-heure : rumeur confirmée.
2. Certains témoins anonymes m’auraient vu le week-end dernier descendant la Canette au bras de Sophie Marceau : rumeur infirmée.
3. Les mini-Babybels sont cancérigènes à forte dose : information à vérifier.

Episode 3.1 : Lettre ouverte à Lolo Boyer.

Monsieur Boyer,

Vous consacriez récemment à la télévision française un documentaire sur la vie et l’œuvre du chanteur folk occitan Francis Cabrel. Cette initiative me paraît tout à fait inapropriée, l’objet de cette lettre est de vous expliquer pourquoi.

D’abord, c’est un sentiment agaçant de déjà-vu qui envahit le spectateur, pourtant consentant, que je suis, à tel point que j’ai l’impression que Fréquenstar n’ait été inventé que pour présenter la situation Boyer/Cabrel sur la place du marché à Astaffort. Après vérification, il semblerait en fait que votre dernière émission ne soit que la deuxième avec Cabrel, auxquelles s’ajoutent toutefois les multiples rediffusions qui ont traversé les années 90.

Mais le scandale n’est pas là. Non, monsieur Boyer, le scandale est ailleurs.

Le scandale réside dans le fait que vous produisez une émission de divertissements à grande écoute dont le seul sujet est Francis Cabrel, et que vous omettez de mentionner ne serait-ce qu’un instant l’existence de François Chabrel. Vous sachant grand professionnel, je ne peux croire que vous ignoriez l’existence de ce génie, certes méconnu, mais auquel votre pote Cabrel doit tant.

Originaire de Rastaffort dans l’Aveyron, François Chabrel est le premier et authentique reggaeman français. Chabrel et son orchestre (le Sister Petite Marie Sound System) écumaient en son temps les bals populaires du Quercy et du Rouergue. Un jour d’août 74, alors que Cabrel était en vacances à Figeac, il fit la connaissance de son quasi-homonyme par la grâce d’une confusion exprimée par le garagiste à qui Chabrel et Cabrel avaient confiés leurs mobylettes respectives.

De cette confusion amusante naquit une certaine amitié, et surtout une profonde admiration de Cabrel pour Chabrel :alors que le premier n’en était qu’à gratouiller sur sa guitare en bois, le second avait déjà une petite carrière régionale en train (son tube « je l’aime à mourir in da house » (version dub) faisait fureur dans les discothèques branchées de Montauban). Les deux amis devenaient bientôt inséparables, à tel point qu’on disait en les voyant : « tiens, voilà Cha et Ca » (et non pas Brêle et Brêle, comme certaines mauvaises langues ont pu l’affirmer plus tard).

Mais le destin sépara les deux amis : François dû renoncer à ses ambitions dans le show business le jour de la fête des mères, pour des raisons restées vagues. Francis dit adieu à son ami, le laissant sur le chemin de la route, et connut ensuite le succès que l’on sait.

C’est pourquoi, monsieur Boyer, il est aujourd’hui urgent de réhabiliter François Chabrel, auteur anonyme des premiers succès de Francis Cabrel, et dont il ne profita jamais.

Bon week-end et allez le Stade,

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